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Perspective · Suivi-évaluation

La redevabilité devient une condition de décaissement.

Septembre 2026 · 4 min

Pendant vingt ans, le rapport destiné au bailleur a été un exercice de fin de cycle : on consolide, on rédige, on envoie. Le décaissement suivant arrivait, parfois avec des questions, rarement avec des conséquences. Cette époque se ferme. Les grands financeurs du développement inscrivent désormais leurs critères d'évaluation — pertinence, cohérence, efficacité, efficience, impact, viabilité — dans les conventions elles-mêmes, comme conditions de décaissement des tranches.

Le changement n'est pas rhétorique. Il déplace la charge de la preuve. Un indicateur n'est plus un chiffre transmis, c'est un chiffre défendu : d'où vient-il, qui l'a produit, à partir de quelle collecte, avec quelle méthode, et que s'est-il passé entre la version envoyée en mars et celle envoyée en juin ? Une institution qui ne peut pas répondre en quelques minutes découvre que son cadre de résultats était un document, pas une infrastructure.

Ce que nous observons chez les fonds de garantie et les agences publiques : les directions détiennent la donnée, la cellule de suivi-évaluation détient la responsabilité, et seuls des e-mails les relient. Le premier chantier n'est pas l'outil, c'est la redevabilité par rôle — qui est responsable de quel indicateur, qui l'approuve, qui est informé — écrite dans le modèle de données plutôt que dans une note de service.

Le second chantier est l'historique. Un cadre de résultats que l'on peut reconstituer à n'importe quelle date est un cadre qu'un auditeur peut vérifier seul. C'est ce que nous entendons par « chaque chiffre a sa source » : non pas un slogan, mais la condition pour qu'un rapport au bailleur puisse être signé sereinement.

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Elle se communique avec l'accord de l'institution, dans le cadre d'un cadrage.